Simples suivi de Par quatre chemins

     On se souvient des simples. Ces plantes possèdent des vertus médicinales tout en revendiquant une valeur de condiment. On cultive leurs jardins, souvent au carré, depuis la nuit des temps. On en cueille encore aujourd’hui à l’orée des forêts amicales, aux épaules des collines sincères, au mitan de la lande bienveillante.

     Les récolter puis les laisser sécher dans les herbiers tranquilles du temps qui va. Les enfants le font ; les vieillards en rêvent encore.

Certes, les simples perdent parfums et couleurs mais ils conservent leurs pouvoirs.

     Les haïkus résultent aussi de cueillettes fortuites, de cultures parcimonieuses. Mais ce sont des fragments de vie que nous rapportons dans nos besaces invisibles, dans nos sacs de plein vent, dans nos paniers percés. Ce sont des sentiments, des éblouissements, des pensées, des rires et des larmes.

      Les mots retenus s’ordonnent et souvent ravivent dans nos mémoires parfums et couleurs en allés. Ils permettent la guérison de nos cœurs que navre parfois le désarroi.

 

Extrait de Simples, haïkus.

Tombent les fleurs flétries

Les fruitiers s’habillent de feuilles

Les belles de robes blanches

Extrait de Par quatre chemins, quatrains.

Nous sèmerons de grands chemins

Pour égarer le désespoir

Faire vivre les oiseaux de nos mains

Rêver nos yeux couleurs du soir

 

© Encres Vives décembre 2019 - Collection Encres blanches, plaquette: 16 pages.

 

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now